Et pourtant, nonobstant le but poursuivi par lʼartiste, la qualité sacrée de lʼoeuvre — ou plus simplement sa puissance spirituelle — réside dans lʼassimilation de cette oeuvre à sa nature profonde, quʼelle soit primitive ou moderne, quʼelle émane du premier monde ou du tiers monde.

Cʼest ainsi que lʼoeuvre atteindra et exprimera sa qualité essentielle la plus profonde. Du point de vue psychologique, les esprits du vaudou haïtien sortent de lʼinconscient collectif, cette vaste région de rêve. Dans cette série dʼimages, Jean de la Fontaine prend, en les refaisant un peu selon son gré, les techniques traditionelles du drapeau vaudou pour donner chair ou plutôt, une scintillante visibilité à un cauchemar: une histoire dʼentrailles qui sʼéchappent de lʼhomme, comme mues par une volonté indépendante, laissant un corps abandonné, étonné, choqué, éventré. Négocier le retour de ce que lʼon conçoit comme définitivement vital — ses propres tripes — devient un problème complexe, grotesque, fascinant.

Haïti, un pays que lʼartiste connaît bien, a toujours faim. Là-bas, le mot zantray, comme on dit en créole, désigne souvent une image de la culture, de lʼhistoire et de lʼesprit dʼHaïti, dans ses racines les plus profondes."

Madison Smartt Bell, octobre 2010

(Traduction de lʼanglais)

Vernissage le lundi 10 janvier à 19 heures

Salon ouvert du mardi au vendredi de 14h à 18h30

Et le samedi de 9h30 à 12h et de 14h à 18h

Rue de lʼHôtel des monnaies, 81
1060 Bruxelles
Tél: 02 537 65 40
www.lesalondart.be